Recommandations concernant les recommandations

Cela arrive à nous tous à un moment ou un autre de recevoir une demande de traduction qu’on ne peut pas prendre en charge (comment ? le manuel de maintenance d’une centrale nucléaire de l’ouzbek vers le hindi ? 20 000 mots pour demain matin ? un interprète mexicain cet après-midi à Paris ?). La question est comment gérer au mieux ces demandes (on sait combien c’est difficile de dire « non » !). Nous avons testé plusieurs options…voici un petit bilan.

On s’improvise agence et on prend tout en charge.

Très risqué. La gestion de projet est un métier à part entier et prendre en charge des projets dont on ne maîtrise pas tous les paramètres est chronophage et potentiellement dangereux (pour sa réputation, pour son porte-monnaie, etc.). Il vaut mieux donc s’abstenir. Sauf dans certains cas. Pour nous, les critères varient un peu au cas par cas, mais voici l’essentiel :

  • Pour un client fidèle (travail récurrent dans nos domaines de spécialité) qui a une demande atypique : On joue la transparence. On propose de tout gérer en expliquant bien les limites de nos compétences ou d’aider le client à trouver les ressources nécessaires pour prendre le relais lui-même. On peut, par exemple recommander ou valider un process de travail, donner des conseils pour choisir et valider ses fournisseurs, mettre le client en relation avec des professionnels qualifiés, etc.
  • Pour un nouveau client potentiel qui nous contacte au hasard et qui n’aura probablement jamais beaucoup de demandes dans nos domaines de spécialisation : On opte plutôt pour la mise en relation. On donne le nom d’un ou de plusieurs collègues compétents et on fait un suivi après en demandant aux deux parties (client et traducteur) si tout s’est bien passé. Comme ça on sait si on peut continuer à recommander un collègue ou pas et on sait également si le client est un « bon » ou pas. Dans tous les cas, on saisit les coordonnées du client dans son CRM ou dans son fichier de prospection et on note les détails de la mise en relation.
  • Pour un nouveau client potentiel qui nous contacte avec une demande en dehors de nos domaines de compétence mais chez qui on a détecté des besoins potentiels dans nos domaines de compétence : On « garde la main » en gérant la demande (uniquement si nous avons des collègues fiables avec qui on a déjà collaboré dans la langue et le domaine requis). Encore une fois, on saisit les coordonnées du client dans son CRM ou dans son fichier de prospection et on note les détails de la mise en relation.

On dit « non » tout simplement.

Également risqué. Même si on ne peut pas faire affaire avec quelqu’un, l’occasion de faire une bonne première impression ne se présente qu’une seule fois et il vaut mieux ne pas la rater ! Si je suis vraiment à court d’idées, si vraiment il n’y a personne dans mon réseau qui puisse aider le client, au pire :

  • Je accompagne le client en faisant avec lui une recherche dans les annuaires professionnels en-ligne (ATA, SFT)
  • Je propose de passer quelques coups de fil et de revenir vers lui.
  • Je lui envoie des ressources pour l’aider à gérer son projet au mieux et je lui donne quelques conseils pour choisir le « bon » traducteur pour son projet.

Cela m’est déjà arrivée de passer 10 minutes à donner ce genre de coup de main (sans aucune obligation) et en général le client est tellement ravi qu’il n’hésite pas à recommander mes services dès qu’il en a l’occasion.

Et vous, comment gérez-vous les demandes de traduction que vous ne pouvez pas prendre en charge ?